Spiritualité & Limites : Comment rester ancré dans le réel sans perdre la magie
- ChamSoël

- 10 déc. 2025
- 5 min de lecture
La spiritualité, quand on la vit bien, c'est magnifique : elle ouvre le cœur, nourrit l’intuition, donne du sens, allège la vie. Mais parfois, elle se transforme en échappatoire involontaire, en zone de flou émotionnel, ou en excuse poétique pour éviter le concret.
Et si on en parlait franchement, avec humour, et lucidité ? Parce que oui, on peut aimer les cartes, les lunes, les énergies, les synchronicités et se prendre pour une sœur Halliwell… mais il faut savoir rester un.e humain.e bien incarné.e qui sait reconnaitre quand il ou elle a merdé.

Quand la spiritualité devient un costume pour fuir (et pourquoi ça arrive)
Dans le milieu ésotérique, on rencontre des personnes lumineuses, inspirantes, pleines de sagesse et de maturité.
Et… parfois aussi on y rencontre des âmes un chouille trop en apesanteur... pour ne pas dire complètement perchées !
Vous avez peut-être déjà entendu ce genre de phrases :
« Ce n’est pas moi qui t’ai blessé·e, c’est mon enfant intérieur qui a parlé. »
« Si tu te sens blessé·e, c’est que tu n’es pas aligné·e. »
« Si je t’ai ghosté, c'est à cause de Mercure rétrograde. »
« Ton énergie ne vibrait pas assez haut pour moi. »
C’est souvent dit sans mauvaise intention. Juste… sans responsabilité.
Alors, pourquoi ça arrive ? Parce qu’il est parfois bien plus confortable de dire “C’est l’Univers” plutôt que d'assumer le “C’est moi”. Parce que mettre des mots sur nos erreurs, nos peurs ou nos manques… ça donne moins de paillettes et ça nous renvoie à nos propres failles.
La spiritualité devient alors un paravent émotionnel, une bulle où l’on préfère se cacher plutôt que de grandir.
Le “spiritual bypassing” (contournement spirituel), ou comment éviter la réalité avec des concepts pseudo lumineux mais bel et bien nébuleux
Le “spiritual bypassing”, c’est quand on utilise la spiritualité pour éviter un inconfort réel : le conflit, la responsabilité, l’émotion brute, la réparation, la nuance.
On flotte. On explique. On justifie. On conceptualise à travers des biais spirituels pour ne pas dire des biais cognitifs. Mais on ne s’excuse plus. On ne répare plus. On ne co-habite plus avec les autres. Voire pire, on culpabilise l'autre d'être la cause du problème ou de ne pas être assez éveillé.
C’est un phénomène très courant. Et pas seulement chez les autres : parfois même chez nous, à des degrés subtils.
La bonne nouvelle ? C’est un comportement appris et non inné. Donc on peut inverser la balance.
Le problème des maîtres « au-dessus du réel »
Dans le milieu spirituel, on peut croiser de belles personnes… Et aussi des figures un peu “perchées” qui entretiennent une image inaccessible voire de gourou : sagesse absolue, immaculée, hors du monde matériel.
→ Perso, je les appelle les "Ayatollah de la spiritualité" !
Le souci ? Ces figures peuvent renforcer l’idée que :
avoir des limites = ne pas être assez spirituel
avoir des émotions = être « dans l’ego »
poser un non = manquer d’ouverture
vouloir des preuves = manquer de foi
Cette vision crée un terrain dangereux pour les personnes vulnérables. La spiritualité devient alors une vente de solutions miracles, un marché de promesses, un autoritarisme déguisé en guidance. Et pourtant, la vraie spiritualité n’est pas un spectacle ni une hiérarchie. C’est une expérience intime, incarnée, humble.
Croyez-moi, après des années à discuter avec des centaines de personnes sur mon stand lors des salons “bien-être”, j’ai vu passer tellement de croyances limitantes glissées dans la tête des gens par quelqu’un d’autre… et honnêtement, ça me fend un peu le cœur.
Vous voyez le genre de phrases qui, au lieu de libérer, enferment ?
« Ce n’est pas toi qui choisis ton pendule, c’est lui qui te choisit ! »
« Je n’ai pas le don… donc je ne peux pas pratiquer le magnétisme. »
« L’ésotérisme, ça va forcément à l’encontre de la religion. »
Et mon préféré : « Le pendule ne marche que si tu le tiens exactement à 8 cm ! »
À force, on se rend compte que beaucoup de personnes se coupent de leur propre pouvoir parce qu’on leur a présenté la spiritualité comme quelque chose de rigide, presque sacré au point d’en devenir inaccessible. Alors qu’en réalité… elle devrait être vivante, simple, et profondément personnelle.
La spiritualité mature : celle qui nous remet dans la vie, pas hors d’elle
La spiritualité équilibrée fait exactement l’inverse du bypassing :
Elle nous rend plus responsables, pas moins.
Elle nous rend plus présents, pas plus absents.
Elle nous rend plus humains, pas extra-terrestres.
Elle nous rend plus aptes à aimer, pas à fuir.
Une phrase à garder :
La spiritualité, c’est apprendre à aimer le réel, pas à s’en détacher.
Et ça fait tellement de bien de se le rappeler.
Les signes d’une spiritualité saine
1. Tu peux dire « j’ai eu une intuition »… Et aussi dire « j’ai eu tort ».
2. Tu peux honorer ton enfant intérieur… Sans lui laisser diriger ta vie sociale.
3. Tu peux méditer chaque matin… Et avoir envie de te la coller le samedi soir.
4. Tu peux voir des signes dans le ciel… Et consulter un psy quand une situation te dépasse.
5. Tu peux vibrer très haut… Sans mépriser ceux qui vibrent différemment.
6. Tu peux aimer l’invisible… Tout en ayant un esprit ultra rationnel.
Ces contrastes-là sont sains. Ce sont eux qui créent l’équilibre

Comment se ré-ancrer quand on sent qu’on flotte un peu trop ?
Voici des pistes douces et accessibles :
Ramener l’attention au corps : Une respiration profonde. Danser sur un son qu'on aime. Faire le ménage. Être dans une action corporelle va permettre un ancrage dans le réel.
Vérifier la cohérence entre nos idées et nos actes : Si ça décolle trop, on revisite. Si ça dérive, on ajuste. Sans drame, sans jugement.
Accepter de ne pas tout comprendre : Le doute n’est pas un manque de spiritualité : c’est un signe de maturité intérieure.
Privilégier les relations qui permettent le dialogue : Des gens qui osent te dire : « Là, je me sens blessé·e » et qui t’écoutent quand tu dis la même chose. C’est une forme de sacré, ça aussi.
Se souvenir que la responsabilité personnelle est un acte spirituel : Poser un “je” clair, c’est honorer ton âme. Poser un “non”, c’est honorer ton chemin.
La plus belle magie est celle qui s’incarne
Tu peux être une âme sensible, intuitive, connectée, vibrante…et en même temps un.e humain.e solide, drôle, ancré.e, qui prend soin de ses relations et de son monde concret.
La spiritualité n’est pas là pour nous enlever du réel, mais pour nous aider à y marcher avec plus de cœur, plus de clarté…et, pourquoi pas, quelques paillettes bien placées.
La magie grandit quand on ose rester présent à tout ce qui est !
Que de belles énergies vous accompagnent sur le chemin de votre initiation magique !
до побачення !
Solène A. | ChamSoël
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Images : Firefly Adobe







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